Auteur : Nicolas Foray

Editions Glyphe

www.editions-glyphe.com

Avril 2021

240 pages

Tarif indicatif de 22,00 €

 

L’auteur, Nicolas Foray, directeur de recherche de l’Inserm, retrace l’histoire méconnue du premier traitement du cancer par les rayons X. Le 28 décembre 1895, Wilhelm Röntgen met au jour un étrange rayonnement émis par un tube de Crookes, qui impressionne les plaques photographiques. Cela va permettre le développement très rapide de la radiologie et de la radiothérapie. À peine six mois après cette découverte majeure, a lieu en France, le 4 juillet 1896, la première tentative de radiothérapie d’un cancer chez l’homme par un médecin de campagne, Victor Despeignes (1866-1937).

Cet ouvrage présente une biographie contextualisée de ce médecin hygiéniste de Lyon, fils de communard et républicain. C’est une époque de grande créativité et d’innovations, où l’on croit en l’avenir de l’homme à travers la science, où Jules Verne écrit ses histoires extraordinaires et où l’on voit la naissance magique du cinématographe des frères Lumière à Lyon. Despeignes sera aussi le témoin de ce bouillonnement,
notamment de la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel et les Curie, et celle de la théorie des germes par Louis Pasteur dont il sera un fervent défenseur. À la suite d’une injustice, il abandonne sur un coup de tête sa carrière universitaire pour se consacrer à la pratique de la médecine et à l’hygiène en Savoie, d’abord à la campagne dans un petit village puis à Chambéry.

Despeignes a eu vent de l’utilisation des rayons X pour traiter la tuberculose expérimentale du cobaye, avec un certain succès. Les rayons X seraient-ils donc bactéricides ? Cette observation va susciter chez lui un vif intérêt. Médecin généraliste installé dans le village d’Échelles en Savoie, il se prend d’amitié pour Eugène-Constant Colliat, un chef d’entreprise et fougueux républicain comme lui, convaincu que les nouvelles technologies seront source de progrès domestique, mais aussi social. C’est alors que Colliat tombe malade. Il souffre d’un cancer de l’estomac avec une importante palpable masse de l’abdomen. Le 4 juillet 1896, Despeignes décide d’utiliser pour la première fois au monde les rayons X produits par un tube de Crookes pour traiter ce cancer qu’il pensait être d’origine microbienne. Un siècle plus tard, cela s’avéra vrai avec la découverte de Helicobacter pylori. Il publiera la relation de ses séances itératives de radiothérapie dans Lyon médical le 9 août 1896. Non, il ne réussira pas à guérir son ami, qui va bientôt mourir en dépit d’une amélioration sensible avec diminution de la taille de la tumeur. Mais pour les années suivantes, la voie était ouverte à la radiothérapie en France, en Allemagne et aux États-Unis. Despeignes ne réitérera pas son essai et dirigera jusqu’à sa mort en 1937, le bureau d’hygiène de Chambéry, où il fera œuvre utile pour la santé des populations.

Ce petit livre qui nous révèle les premiers pas de la radiothérapie, une histoire peu connue, s’avère facile et agréable à lire, décrivant l’initiative d’un des pionniers de l’utilisation des radiations ionisantes en cancérologie. 

PB