e-congres international

par P. BERCHE

Résumé

Le scorbut est une avitaminose par carence en acide ascorbique ou vitamine C. Souvent associée à des épisodes de malnutrition et de famine, cette maladie, dont la symptomatologie est très polymorphe, est longtemps restée d’origine mystérieuse. Entre les XVIe et XXe siècles, elle a été un terrible fléau de la navigation à voile au long cours, entraînant une forte mortalité chez les marins. Le médecin de la marine James Lind fut le premier à démontrer expérimentalement l’efficacité du jus de citron sur le scorbut. L’idée fut alors acceptée que les agrumes possèdent des propriétés anti-scorbutiques, sans en comprendre le mécanisme d’action. Au cours du XIXe siècle, le scorbut a disparu de la marine grâce à l’adjonction de jus de citron ou d’orange aux rations alimentaires des matelots. Au début du XXe siècle a émergé le concept de vitamine, complément alimentaire existant à l’état de traces dans les vivres frais. En 1911, le polonais Kazimierz Funk identifie la première vitamine (B1), dont la carence est responsable du béribéri, traçant le chemin de la découverte du facteur antiscorbutique. À l’occasion de ses travaux sur la respiration et la production d’énergie par les cellules, le Hongrois Albert Szent-Giorgyi met au jour en 1933 l’acide ascorbique (vitamine C), extrait en abondance du paprika, et démontre son efficacité dans le scorbut expérimental. Cette avancée majeure sera récompensée par le prix Nobel de médecine en 1937. La vitamine C sera rapidement synthétisée et commercialisée par l’industrie. Le scorbut existe encore dans le monde, maladie associée à la misère, à la malnutrition, à la famine et aux migrations. La vitamine C contribue à la stabilité du collagène et le scorbut peut être considéré comme une maladie du tissu conjonctif. Dans les pays occidentaux, la maladie est devenue rare, le plus souvent liée à des régimes alimentaires inadéquats. Les victimes sont les personnes âgées isolées, les patients en institution, les handicapés mentaux… Le scorbut guérit en 15 jours avec 1 g quotidien de vitamine C. Il peut être prévenu très facilement à raison de 10 mg par jour.

 

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Revue de Biologie Médicale n°347 - Mars 2019.