par N. REGNAULT (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), B. SALANAVE, K. CASTETBON, E. COSSO, A. VAMBERGUE, Y. BARRY, S. FOSSE-EDORH, M. VERNAY

 

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Texte paru dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) du 22 mars 2016 / n°9 et consultable sur http://invs.santepubliquefrance.fr

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Résumé

Objectifs – 1) Estimer la prévalence et la fréquence du dépistage du diabète gestationnel (DG) en 2012 en France, en population générale et chez les femmes à risque, après la publication fin 2010 de nouvelles recommandations de dépistage ciblé sur facteurs de risque, 2) décrire la prise en charge pendant la grossesse des femmes avec DG et les caractéristiques de leur enfant à la naissance.
Méthodes – L’étude a porté sur 3 353 dyades mère-enfant issues d’un échantillon aléatoire d’enfants nés en 2012 dans 136 maternités tirées au sort en France métropolitaine dans le cadre de l’étude Épifane (Épidémiologie en France de l’alimentation et de l’état nutritionnel des enfants pendant leur première année de vie). Les caractéristiques sociodémographiques, le diagnostic et le dépistage du DG, ainsi que le poids et la taille avant grossesse ont été renseignés par la mère. Les sages-femmes ont relevé dans le dossier médical les antécédents et les données médicales relatives à la grossesse, à l’accouchement et au nouveau-né. Les analyses ont été pondérées selon le plan de sondage et la non réponse.
Résultats – En France métropolitaine, en 2012, selon notre étude, la prévalence du DG était de 8,0 % [7,0-9,0]. 76,1 % des femmes déclaraient avoir été dépistées par un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale, alors que la proportion de femmes présentant au moins un des trois facteurs de risque suivants - âge ≥ 35 ans, surpoids/obésité ou antécédents de diabète gestationnel - n’était que de 41,8 %. Malgré la proportion élevée de femmes dépistées, 18,3 % des femmes âgées de 35 ans ou plus, 15,3 % des femmes en surpoids, 9,8 % des femmes obèses et 2,8 % des femmes ayant des antécédents de DG déclaraient ne pas avoir été dépistées. Parmi les femmes avec DG, 86,5 % déclaraient avoir eu recours à un endocrinologue ou à un(e) diététicien(ne), 48,8 % qu’elles avaient reçu des recommandations d’activité physique, 81,8 % qu’elles avaient utilisé un lecteur glycémique et 26,9 % étaient traitées par insuline. Pendant la grossesse, les femmes avec un diagnostic de DG bénéficiaient de davantage de consultations prénatales et étaient plus fréquemment hospitalisées (27,1 % vs. 14,0 % pour les autres). L’accouchement était moins fréquemment spontané et plus souvent par césarienne chez les femmes avec DG que chez les autres. Les nouveau-nés de mère présentant un DG apparaissaient plus souvent macrosomes (9,4 %) que ceux de mères dépistées mais non diagnostiquées (7,6 %) et que ceux des femmes non dépistées (5,9 %), bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative (p = 0,15).
Conclusions – Le diabète gestationnel concernait en 2012 une proportion notable des grossesses (8 %). Le taux de dépistage était élevé (76,1 %). Les pratiques de dépistage pourraient néanmoins être améliorées chez les femmes âgées de 35 ans et plus, en surpoids ou obèses, ou ayant des antécédents de DG.

Mots-clés

diabète gestationnel, dépistage, facteurs de risque, prise en charge.



Feuillets de Biologie n°336 - Mai 2017.